Une version PDF de ce document (mais un peu plus ancienne) est disponible.
Ces notes peuvent être inexactes, incomplètes et refléter les centres d'intérêts d'un informaticien du CNRS. Elles retranscrivent des informations ou avis des orateurs prisent au fil de l'eau donc avec des redites, des digressions... N'hésitez pas à me signaler toute erreur : Jean-Luc.Archimbaud@urec.cnrs.fr .
Le site de l'événement : http://www.paris-libre.org/
Les photos de l'événement : http://www.flickr.com/photos/linagora/
L'événement est organisé par la FniLL, Fédération nationale de l'industrie du Logiciel Libre. Il s'est déroulé à la maison internationale (cité internationale) de Paris les 24 et 25 septembre 2008 avec une session principale, 2 sessions off en parallèle, une cinquantaine d'exposants. Ces notes concernent uniquement la session principale.
Les intervenants (50 dont 20 étrangers) étaient de très haut niveau, majoritairement des chefs d'entreprise qui fournissent de l'Open Source ou des responsables de services R&D d'origines diverses avec une large ouverture vers les USA et l'Europe.
Les sessions principales étaient en français ou en anglais (casque avec traduction simultanée disponible). Le programme était diffusé en anglais. Elles ont consisté principalement en des tours de table, sans support projeté avec comme modérateur un journaliste de la presse informatique.
Il y a eu 3000 visiteurs inscrits. Le public était constitué principalement de responsables d'entreprises d'Open Source, de DSI ou responsables de services Open Source de grands groupes et de quelques administrations, pas de « geek ». Dans la session principale, il y avait entre 50 et 200 personnes dans l'assistance selon les heures.
Terme privilégié et très majoritairement utilisé dans la conférence : « Open Source ». Néanmoins dans ces notes LL est le plus souvent utilisé, car court et OS a une autre signification dans notre métier.
Remarque pour la communauté Enseignement Supérieur – Recherche : les organismes de recherche, universités et le MESR n'étaient pas présents dans la table ronde sur l'Open Source dans l'administration et n'ont jamais été cités comme exemple dans les exposés. Néanmoins, présence de :
OW2
(http://www.ow2.org/) : stand et
intervenant
Un stand pour le logiciel Scenari (http://scenari-platform.org/) de l'Université de Compiègne
2 projets nominés pour les lutèces d'or : le CD de logiciels libres pour les étudiants de l'université de Versailles – St-Quentin (http://libre.uvsq.fr/) et le projet PLUME (http://www.projet-plume.org)
Et peut-être d'autres..
Alexandre Zapolsky président de la FniLL (Fédération Nationale des Industries du Logiciel Libre), CEO Linagora
La France fut l’un des pionniers
en Europe de l’utilisation du logiciel libre ainsi que de sa
promotion. Les premières initiatives gouvernementales ont eu
lieu dès le début des années 2000, avec le
gouvernement Jospin, puis les gouvernements successifs, Raffarin et
Villepin ont chacun à leur manière soutenu le
développement du marché du logiciel libre.
Y-a-t'il
en France une volonté d’une politique industrielle en faveur
du logiciel libre?
Quelles sont les positions du gouvernement
français face au développement de cette nouvelle
économie? Où en est le RGI? Comment faire en sorte
que la France reste dans la compétition mondiale ?
Animateur : Bertrand
Lemaire, rédacteur en chef, CIO-onLine
Président :
Benoît Sibaud, Président, April
Intervenants : Yvon
Rastetter – écrivain, Jean-Pierre Corniou - Directeur
général Adjoint SIA Conseil, David Jonglez - Directeur
Camp To Camp, Fabien Potencier - PDG Sensio créateur de
Symfony
Un article est paru récemment aux USA titré « Ce que la France peut enseigner aux US en matière de logiciel libre ».La France est pionnière mais attend le RGI (c'est un des rares moments où celui-ci a été cité). Naissance de l'Open Source il y a 25 ans aux USA, en France depuis 12 ans. L'APRIL a publié un livre blanc sur le secteur économique du LL en France.
Caractéristiques de la France :
Secteur associatif très important
De plus en plus de création de services logiciel libre dans les DSI
Certains ministères basculent vers le LL donc poussée du secteur public
Des enseignements spécialisés sur le LL
Le grand public connaît.
PME-TPE
Phase en cours : arrivée des applications métiers et PGI (les équivalents commerciaux très lourds et chers donc avantage à l'Open Source)
Problème de ces entreprises : multiples petites entités indépendantes donc besoin de mutualisation (des expressions de besoins, développements...). 2 exemples : les multiples logiciels pour médecins libéraux, développées par de très petites structures ont été une catastrophe (pour les entreprises et les clients). Un regroupement de 11 sociétés agro-alimentaires du Sud-Ouest pour faire développer un PGI libre est un exemple à suivre. Mais ce n'est pas gagné.
Processus lent de migration vers le LL : il faut maintenir un existant qui doit continuer à tourner (on ne peut pas faire table rase) et il n'y a généralement pas de compétence en LL.
Grands comptes
Le libre grignote des parts de marché
Le libre « clandestin » reste. Les DSI ont du mal à afficher une politique dans ce domaine
La compétition internationale et la compétitivité du SI imposent une baisse des coûts donc le LL
Existant installé non libre très important et très lourd : obligation de le garder. Dans une DSI les applications ont un âge de 8 ans en moyenne
Le libre va entrer dans des projets lourds
Applications métier : beaucoup trop de micro-éditeurs en LL peu fiables. Il faut de plus grosses entités.
Exemple de domaine : géomatique
Domaine de l'informatique appliquée à la géographie, beaucoup utilisé par les ministères tels que l'agriculture et d'autres
Depuis longtemps basé sur les LL
Organisation mise en place : association similaire à Apache
Veiller à ce que l'esprit libre reste.
Exemple de produit : société Sensio
Produit le framework Web Symfony
PME, 50 personnes, très petite mais force de frappe importante grâce aux contributeurs.
APRIL et ses constats
2400 membres individuels pour la plupart qui ont « l'esprit libre »
Il y a toujours des développeurs passionnés
Pour réussir un produit, il faut faire vivre la communauté, répondre aux questions, diffuser de la documentation...
Un produit doit faire de la communication pour être connu... mais dans le LL les meilleures solutions restent ce qui n'est pas le cas des produits propriétaires
Parmi les nouveaux produits qui sortent (même commerciaux), beaucoup de récupération de briques existantes LL
Un logiciel Open Source est créé car il y a un besoin, donc il répond de fait à un besoin.
Divers
La France a des atouts dans le libre : en informatique elle a perdu le hardware, les « gros logiciels », elle peut jouer un rôle au niveau mondial dans le libre. Elle doit créer une vraie industrie basée sur les LL avec rémunération des différents acteurs
DSI : pas d'idéologie à avoir pour choisir entre un ERP libre et SAP : c'est un choix suivant les besoins, les compétences et l'existant
Attention aux modèles économiques de produits libres repris par les grands groupes de l'informatique : dérives possibles
Pour créer une communauté : il faut un réel savoir-faire à compléter par une démarche commerciale et marketing. Google par exemple, sous une apparence de gratuité complète, a une démarche très marketing.
Grande réticence des banquiers à financer des sociétés LL : ne connaissent pas, pas de produit à montrer (souvent support, service uniquement)
Certains gros acteurs (banques...) utilisent les LL mais ne le disent pas
Dans les appels d'offre, pour avoir des réponses Open Source : imposer les formats ouverts et l'accès au code source
La musique suit un parcours similaire au logiciel. L'orientation est : musique gratuite (code gratuit) et concerts payants (services payant)
Tout le monde est conscient de la fracture numérique entre les pays riches et les pays en développement. Pour beaucoup il apparaît extrêmement difficile à ces pays de revenir dans la compétition économique mondiale en jouant avec les règles du jeu du logiciel traditionnel. L’une des opportunités consiste, comme pour certains pays d’Asie, à tirer partie du développement de l’informatique libre pour développer une économie numérique puissante. Comment le logiciel libre peut-il permettre de réduire cette fracture numérique et cette fracture économique ? Quels sont les exemples de réussite ? Que faut-il faire pour généraliser ces réussites ?
Animateur : Jean Rognetta - Journaliste
Les Echos
Président : Tristan Nitot -
Président Mozilla Europe
Intervenants : Sander Striker - Vice
Président Apache Foundation, Ross Turk - Community Manager
Sourceforge, Emma McGrattan - Vice President Ingres, Cyrille Béraud
- PDG Savoir-Faire Linux
Mozilla et l'arrivée de Chrome
Cette arrivée relance l'innovation (IE est très mauvais donc pas de concurrence)
C'est une stratégie normale pour google qui est limité par les fonctions d'IE dans son déploiement de nouveaux services : il lui faut maîtriser aussi le navigateur
Google ne veut pas tuer Mozilla mais Microsoft
Google finance Mozilla à 80 % pour 3 ans encore
L'Open Source est maintenant bien présent dans les logiciels généraux et dans tout ce qui est innovant. Nouvelles tendances :
La virtualisation
Le très facile à utiliser-installer : focalisation sur l'utilisateur et la simplicité
S'impose dans les logiciels embarqués (pas d'existant donc terrain vierge)
La sophistication est dans des add-on, extensions : 500 dans Firefox. Cela permet d'intégrer de nombreux développements et fonctionnalités sans charger l'interface utilisateur standard
Besoin d'assurance des entreprises sur le long terme
Fracture sociale et open source
Les avis divergent pour savoir si c'est
un plus (à cause de la gratuité, la facilité
d'utilisation) ou un moins (demande des compétences pour
installer...)
Crise économique
Pas vraiment un avantage pour le LL :
le coût bas est un plus mais les contributeurs sont souvent
employés dans des sociétés qui vont subir la
crise
Divers
Les OS sur les plates-formes qui peuvent évoluer : pas un problème pour les LL qui tournent généralement sous tous les OS (60 % sous Windows)
WebOS avec Google : n'est pas encore présent et toujours plus de chargements (de logiciels) sur source-forge
L'utilisateur n'aime pas changer ses habitudes sur son poste de travail : ainsi Ubuntu a des difficultés à s'imposer
L’économie du logiciel est en train de complètement évoluer. Plus aucune start-up ne se finance sans baser son innovation sur un modèle Open Source. Déjà, de grandes success stories ont eu lieu. Sun a racheté MySQL pour près d’un milliard de dollars ! Citrix a racheté Xen pour 500 millions de dollars ! Alors, l’Open Source est-il en train de devenir le meilleur moyen de créer de la richesse aux Etats-Unis? Doit-on, pour réussir à vendre ses logiciels, passer par un modèle de diffusion Open Sourc ? Comment réagissent les grands acteurs de ce marché? Pourquoi un tel engouement?
Animateur : Dominique Piotet - CEO
Atelier BNP Paribas à San Francisco
Président : Bdale Garbee -
Responsable de la Stratégie Open Source HP
Intervenants : Andrew Aitken - CEO
Olliance organisateur de l’Open Source Think Tank, Mark Radcliff -
Avocat DLA Piper expert, Ismael Ghalimi - CEO Intellio, Nick Halsey -
Jaspersoft
Spécificités Etats-Unis / Europe
A l'origine de l'Open Source
Nombreuses fondations Open Source depuis l'origine
But commercial en premier, l'aspect communauté est plus secondaire qu'en Europe
Les créations sont souvent européennes et les bénéfices (succès commerciaux) américains. Exemple : MySQL origine Scandinavie.
Plus facile d'avoir des financements (capitaux à risque)
Les investisseurs connaissent maintenant l'Open Source et pour financer ils veulent des précisions sur les licences, le modèle économique...
Les responsables / services avec des intitulés 'Open Source' sont courants dans les entreprises
Des chiffres sur l'expansion, participants très évasifs : difficile de mesurer.
Qui achète ou utilise l'Open Source ?
Toutes les entreprises
7-8 entreprises majeures dans l'Open Source, à dominance dans le domaine des applications
De plus en plus de middleware et de bases de données Open Source
Les hébergeurs utilisent beaucoup d'Open Source
Les universités aussi
Licences
Le problème des licences (choix...) n'est pas un frein
6 licences sont utilisées majoritairement
Les sociétés regardent attentivement les licences des produits
Les sociétés de LL doivent avoir un « business model » et après choisir le type de licence de leurs développements
Qu'est-ce qu'une communauté?
La connaissance est en dehors de l'entreprise
Impossible sans Internet
Des contributeurs très variés en terme de localisation, âge, langue, origine : avantage
Les contributeurs sont différents avec des buts différents -> avoir un bon message clair pour faire vivre la communauté
Pour une entreprise, il faut créer une communauté pour aller sur le marché de l'Open Source
Très important : il faut faire vivre la communauté et la maintenir, autrement les personnes vont ailleurs
Comment fait-on de l'argent ?
En vendant des packages : mise à jour, support, test – formation – documentation : donc des activités très similaires à celles d'un éditeur de logiciel commercial
Exemple d'une société qui diffuse un Open Source : sur 1000 chargements d'un logiciel sur son site, elle compte un client
L'expertise, c'est ce qui est vendu : plus globalement c'est le service rendu pour aider à utiliser le logiciel
Plusieurs « business models », pas un seul
Remarque : le terme « business model » définit la méthode pour créer et distribuer du logiciel, à ne pas confondre avec le modèle financier ou la valeur ajoutée
L'Open Source dope la production de logiciel.
Le marché du logiciel libre est devenu le marché des technologies de l’information le plus dynamique au niveau mondial. C’est un marché qui croît annuellement à plus de 50% ! Il dépasse en croissance tous les autres marchés (virtualisation, stockage, progiciels, conseil, …) Sur ce marché, la situation de l’Europe fut résumée par Viviane Reding lors des Assises du Numérique qui se sont déroulées en France le 29 mai 2008 : « Alors que 80% de la production de LL (OSS) est d’origine Eur, la plus grande part de la VA dans ce secteur va aux Etats-Unis. Et où sont nos champions européens dans le Web 2.0 et les services internet? ». Quelle place souhaite avoir l’Europe dans cette nouvelle grande compétition mondiale? L’Europe peut-elle encore être la championne du logiciel libre?
Animateur : Guillaume Sierres -
journaliste Journal du Net
Président : Elmar Geese -
Président Linux Verband
Intervenants : Roberto Galoppini –
Atlantica, Jean-Pierre Laisné - President Ow2, Jean-Marie
André - Senior VP Corporate Development PurpleLabs
L'Open Source est une opportunité pour l'Europe qui a de bon atout.
Une licence libre européenne existe : EUPL (European Union Public licence.
Projet européen pour faciliter l'accès à toutes les forges existantes en cours.
La commission finance beaucoup le libre dans le domaine de la recherche en particulier.
En CA, l'Open Source représente 2,5 .
Handicaps de l'Europe :
22 langues en Europe (dont autant de traduction) contre une seule aux USA
Trop d'organisations diverses autour du libre : il faut qu'au moins elles se connaissent, il y aura un écrémage
Beaucoup d'organisations / développeurs : ne pas augmenter cette tendance
Bien rémunérer les développeurs
Forces de l'Europe – recommandations :
S'appuyer sur les standards comme le GSM
Les développeurs (et beaucoup d'universités européennes en forment de très bons) ne sont pas prêts à s'expatrier
Il ne faut pas penser en terme de frontière, tout doit être global : les produits...
L'Europe doit veiller à bien mettre des limites, faire l'arbitrage lors d'abus : quand des sociétés présentent des produits comme libres alors qu'ils ne le sont pas...
La France est en tête de l'Europe pour l'Open Source : administration, bons ingénieurs, marché
Une plate-forme collaborative comme OW2 est un bon exemple pour d'autres domaines
L'Europe n'est pas un handicap pour monter une entreprise Open Source / USA
A la mairie du 13ième arrondissement de Paris, lors d'un dîner avec 350 personnalités mondiales du logiciel libre. en présence du Ministre Eric Besson : " l'industrie du libre marche bien en France et s'exporte, l'administration l'utilise, je ne suis pas un promoteur du libre".
Prix dans 12 catégories différentes :
Animateur : Yann Serra - Journaliste 01
Informatique
Président : Bruno Annick - DSI
de TDF
Intervenants : Yves de Talhouet -
Directeur General HP France, René Kraft - Directeur general
Adjoint I-CDC, Boris Auché - Responsable Offre Open Source
BULL, Frédéric Lau - Animateur Groupe de Travail CIGREF
Un poste de travail (IHM) Open Source est difficile à promouvoir dans l'entreprise : mauvaise perception des utilisateurs habitués à Windows
Pour l'Open Source, les entreprises ont besoin de connaître les licences, d'avoir des compétences techniques, une entité pour superviser les process OpenSource. Il faut qu'elles aient une stratégie Open Source
Savoir si compétences techniques : si pas, externaliser
Prévisions Gartner : en 2010 Open Source 22 % du marché, Open Source 75 % des nouveaux projets
Le mythe de la gratuité LL en entreprise n'existe plus mais est remplacé par le juste coût : OK pour payer de vraies prestations, pas des taxes comme les licences. Mais les entreprises doivent être attentives à payer pour l'usage, en terme de création de valeur.
La qualité et la compétence sont les éléments de choix d'Open Source
L'avantage de l'Open Source est de pouvoir dépenser différemment, c'est-à-dire vraiment ajuster avec le niveau de service que l'on veut sur l'applicatif
Il faut être attentif aux standards
Il faut reverser à la communauté du libre
L'Open Source permet d'innover, de tester, d'être inter-opérable
Introduire l'Open Source demande une gestion du changement
Qui manipule l'Open Source ?
Beaucoup de stations dual boot inconnues des DSI
Il y a des compétences (en logiciel libre) souvent inconnues dans les entreprises, même chez les plus anciens. Le recul de l'âge de la retraite peut permettre de « recycler » des informaticiens dans l'Open Source, domaine qui peut attirer. Ce peut être aussi une seconde chance
Les développeurs sont généralement attachés à un OS et adhérents ou non à l'Open Source. Or, pour qu'il travaillent correctement, il faut qu'ils « soient heureux » : en tenir compte dans les choix. Avoir un panel de développement libre ou pas permet de répartir ces développeurs avec ce critère
L'Open Source est un élément de promotion sociale (développeur reconnu par la communauté...), ce peut l'être aussi dans l'entreprise
Dans un CV l'Open Source peut être un plus mais pas toujours
Prestataires
Le choix du prestataire dépend du contrat de service ou temps de rétablissement du service (SLA-GTR) que l'on veut. Exemple TDF : 8 applications critiques pour 200. Mais il faut que les engagements des prestataires soient tenus
Il y a beaucoup d'offres de support Open Source
Les licences duales permettent à des sociétés de vivre
L'accès aux correctifs de bug est plus rapide que pour les produits propriétaires
La relation client-prestataire change avec l'Open Source
Divers :
Open Source : on apprend comment développer à plusieurs avec de nouveaux outils
Pour certains pays l'Open Source est une stratégie nationale
Les nouveaux pays émergeants peuvent donner des leçons
Les modèles de développement, de commercialisation et de distribution de l’Open Source s’imposent peu à peu face aux modèles traditionnels. Comment les éditeurs classiques s’adaptent-ils face à ce phénomène? Après avoir pendant longtemps minimisé, voir dénigré, la montée en puissance de l’Open Source, ils sont de plus en plus nombreux à intégrer dans leur stratégie tout ou partie de ces nouveaux modèles. Ainsi, certains transforment leur modèle de développement, d’autres ouvrent leur distribution et mettent en Libre une partie de leur code source, enfin d’autres inventent de nouvelles lignes de produits (ou les rachètent !) complètement libres. Certains orthodoxes du Libre y voient également une menace pour le Libre dans son ensemble, parlant même de « baiser de la mort »…
Animateur : François Tonic -
journaliste Programmez
Président : Roger Burkhardt -
ancien DSI du NYSE et CEO d’Ingres
Intervenants : Dave McAllister -
Director Standards and Open Source, Guth Rich - VP Actuate, Aaron
Fulkerson - CEO Mindtouch, Konstantin Papaxanthis – CEO PrimeKey
Impacts de l'Open Source chez les éditeurs
Il y a plus d'innovation dans l'Open Source due au mode de production communautaire
De nouvelles sociétés sont apparues qui offrent des services divers autour de l'Open Source
Les sociétés traditionnelles : réagissent et se remettent en cause, intègrent et adoptent les LL, construisent des modèles économiques hybrides
Pourquoi les clients adoptent les LL
Réduction des coûts
Innovation pilotée par les clients
Exemples de modèles économiques
Distribution de versions gratuites et d'autres payantes (avec plus de fonctionnalités ou du support)
Le cœur du produit gratuit, les add-on payants
Vente de support, de souscriptions
Vente de formation
Vente de développements spécifiques autour d'un produit gratuit
Vente de prestations intellectuelles : conseils...
Pourquoi les éditeurs adoptent-ils l'Open Source ?
Avoir une plus large communauté de développeurs
Réduire les coûts de vente. Pour le logiciel commercial la règle admise est 1 Euro pour produire, 2 Euros pour vendre
Au niveau marketing, cela court-circuite le process qui consiste à présenter le produit au client, le laisser essayer ... En LL, une version est en ligne disponible immédiatement sans intervention
Permet de collaborer avec des universités, des laboratoires de recherche, des développeurs individuels
Comment voir la qualité d'un logiciel Open Source :
Nombre de téléchargements : non
Nombre de contributeurs : oui
Qualité des contributions : surtout
Divers
Problème des nombreuses versions à gérer : il faut avoir une bonne politique en partant du fait qu'il y a deux audiences : les développeurs qui veulent la dernière version et les utilisateurs en production qui veulent la version stable (avec un support éventuel) : donc proposer 2 versions
Responsabilité : problème en mixant les licences (bien étudier), l'utilisation de bibliothèques est le plus délicat
Comment se différencier : innover, adresser des métiers, avoir un très bon site Web
Avec l'Open Source un petit éditeur peut adresser directement de grandes sociétés
Les clients ne veulent plus payer des licences (pour les produits propriétaires), et ne veulent plus de changement de versions payante
L'OS n'est pas un problème, les produits Open Source tournent maintenant en grande majorité sur tous les OS
Le LL est nécessaire, par exemple pour sa transparence comme logiciel de vote
Mais pas tout LL
Conférence « Internet du futur » 5-6 octobre à Nice : http://www.internet2008.eu/
Nouveaux arrivants sur Internet : le téléphone portable comme plate-forme, les objets (puce RFID dans tous les objets)
Les technologies embarquées sont basées sur des LL
Avec l'Internet des objets de gros risques de surveillance big brother : le citoyen doit pouvoir désactiver les puces RFID... , il faut développer des codes ouverts pour communiquer et pas pour contrôler-surveiller la vie.
En Europe, le secteur public, les administrations centrales, les collectivités, le secteur de la santé, utilisent très largement le logiciel libre. Il existe même des programmes spécifiques (par exemple, au Royaume-Uni, aux Pays-Bas ou en Norvège) pour encourager l’usage de ces logiciels. Récemment, le 11 juin 2008, lors de l’Open Forum, la Commissaire Européenne, Neelie Kroes, a vivement encouragé les administrations à utiliser des logiciels libres, en estimant qu’ : " il s’agit d’une décision intelligente ». Pour certains, le logiciel libre répond aux enjeux stratégiques d’informatisation du secteur public, pour d’autres, il permet de réduire les coûts et d’augmenter l’efficacité de l’argent public, enfin, il semble aussi que ces logiciels soient particulièrement adaptés aux contraintes de l’achat public. Ce qui est certain, c’est que le secteur public en « croque » pour les logiciels libres ! Pourquoi un tel succès? Quelles en sont les raisons? Doit-on encore accompagner le développement du Libre sur ce secteur? La compétition entre logiciels libres et logiciels traditionnels est-elle faussée?
Animateur : Ludovic Nachury -
journaliste 01net.com
Président : Jean-Séverin
Lair - DSI Ministère de la Culture
Intervenants : Sylvie Chauvin -
Directrice Markess International, François Elie - Président
Adullact, Christophe Jeantet - Partner Secteur Public France,
Philippe Kanony - Directeur Général Adjoint LOGICA
Le libre dans une administration
Avantages : Budget - Possibilité
de personnalisation, adaptation - Gestion de parc avec les licences
plus simple - Evite la lourdeur de marchés publics
Désavantages : Demande plus de
compétences - Il faut toujours argumenter ses choix LL auprès
de sa direction
Etude réalisée cet été: 20 interviews de l'administration centrale et 60 des administrations locales
Utilisez vous le LL ? : tous en central, 85 % en local (70 % l'année passée)
Budget LL : 10 % année passée, 13 % cette année avec 16 % du budget en central et 11 % en local
Augmentation budget : prestations externes (surtout maintenance 30 %, formation 50 %)
ADULLACT
Association pour diffuser et développer des LL dans l'administration et les collectivités territoriales
Président : F. Elie professeur de philosophie et élu local
Principalement focalisée sur les logiciels métier (exemple, la gestion de cimetières) : les besoins sont les mêmes dans toutes les communes par exemple
Méthode : regrouper les besoins, lancer un appel d'offre de développement libre
Besoin de communautés de clients : qui définissent les besoins, éventuellement développent. C'est eux qui doivent reprendre du pouvoir. Mais souvent des difficultés « psychologiques »
Attention aux brevets logiciel (que l'Europe distribue déjà et qui peuvent verrouiller tout logiciel libre) et au travail non payé des développeurs (ces producteurs sont à la base du logiciel libre et dans la chaîne il ne faudrait pas que ce soit les seuls à ne pas avoir de retombée financière autrement ils arrêteront de contribuer)
Divers
Il faut que le privé fasse du libre et le dise : cela facilitera l'acceptation dans l'administration
Attention au terme LL qui peut être usurpé. La garantie est d'avoir une communauté multi-acteurs sur chaque souche de logiciel pour une assurance de LL
Le libre s'est développé « par le bas » avec les infrastructures et 80 % de l'activité concerne le collaboratif, les portails, l'accès Internet. La tendance actuelle est le décisionnel, bientôt les PGI
Pour les applications critiques il est fait appel à des sociétés externes
Il n'y a plus d'incitation à passer au libre dans l'administration mais le management technique assure le choix et certains ministères sont en avance : il faut toujours du courage et l'implication d'une personne
Côté marchés publics il y a tout ce qu'il faut pour intégrer le libre dans les réponses avec la documentation nécessaire
Les grandes écoles et universités françaises ont souvent une culture du libre, mais les éditeurs propriétaires essaient d'avoir des accords avec certaines formations (c'est ce qui s'est produit avec les formations off shore)
Les licences CeCILL sont-elles utiles ?
Pas de problème juridique pour utiliser les ASP (Application Service Provider) sauf les archives qui doivent rester « à la maison »
3 éléments montrent la poussée de l'Open Source :
Augmentation des investissements dans ce domaine
Augmentation de l'adoption :
Selon Gartner 13 %
en 2007, 21 % en 2010
En 2012, 80 % des produits contiendront de
l'Open Source
De plus en plus d’entrepreneurs choisissent la voie du logiciel libre avec comme objectif de détrôner les leaders mondiaux de l’informatique. Ils ont tous en tête les réussites de MySQL, Jboss, Red Hat, Xen, Ximian, GlueCode, … Toutes ces sociétés se sont au moins vendues plusieurs millions de dollars, et pour certaines, plusieurs centaines de millions de dollars ! Qui sont les acteurs et les témoins de ces réussites? Comment fait-on pour bâtir les business models de demain, et ceux qui créent de la valeur? Comment une nouvelle génération d’entreprises tire partie économiquement du phénomène logiciel libre pour gagner?
Animateur : Pascal Boulard -
journaliste La Tribune
Président : David Marr - VP
Legal Sun
Intervenants : Laurent Kratz - CEO
JAMENDO, Sacha Labourey - Co-fondateur Jboss, David Axmark - VP SUN
fondateur MySqL, Michel-Marie Maudet - Directeur Général
Adjoint LINAGORA
Il faut d'abord avoir un marché
(ceci ne change pas)
Il n'y a pas de meilleur « business
model », cela dépend de ce qu'on veut vendre et du
marché
Ne pas avoir comme objectif d'être
racheté (très cher) par un grand groupe
Il faut créer une communauté
L'Open Source force à rester
honnête, l'avantage va vers le client qui n'est pas prisonnier
de l'entreprise de service puisqu'il peut acheter le service ailleurs
Les modèles de ventes
traditionnels doivent s'adapter car le pouvoir est entre les mains
des clients
Se transformer d'éditeur
traditionnel en Open Source prend du temps : SUN a mis 10 ans
Une évolution de la demande en
LL est un engagement sur le long terme, ce qui conduit certaines
sociétés à devenir éditeur
Une difficulté : expliquer aux
clients qu'ils doivent payer pour quelque chose de gratuit
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| Notes Paris Capitale Libre 09 2008.pdf | 74.51 Ko |
Commentaires
Idées personnelles sur la note JLA
Quelques remarques et réflexions sur la note de JLA “Paris Capitale du Libre, septembre 2008”
Mes notes ne renvoient pas à l’article mais aux pages du fichier pdf joint à l’article des notes de JLA sur la conférence.
Page 3 : exemple de produits de la société Sensio. Il est indéniable aujourd’hui qu’une société éditrice de logiciels dits “libres” acquiert de la crédibilité par la communauté qu’elle fédère autour de se projet. Il est intéressant ici de noter que la création de valeur ne dépend plus de la société elle-même mais d’acteurs extérieurs. La communauté doit donc être gérée comme un projet : des règles de fonctionnement claires sans toutefois “brider” la créativité de ces membres. L’avenir de certains emplois est peut-être dans la modération de ces communautés.
Page 3 : Réticence des banquiers à financer des sociétés dans le logiciel libre. Un projet de création d’entreprise obéit à un certain parcours auprès des financeurs (CETI, OSEO, fonds d’amorçage, capital-risque). Généralement les banquiers doivent intervenir à la fin une fois que la société a fait son entrée sur son marché.
Page 4 : Google finance 80 % de la fondation Mozilla. Quelle est l’indépendance de la fondation ?
Page 5 : Les investisseurs connaissent maintenant l’Open Source et pour financer il veulent des précisions sur les licences et sur les modèles économiques. Il est donc temps de disposer de véritables “experts” en licences de logiciels libres car elles sont réellement très nombreuses et avec des implications très diverses.
Page 5 : Qu’est-ce la communauté ? Une communauté se conduit comme un véritable projet. Toutefois les membres ne doivent pas voir le sentiment d’être bridés dans leur créativité. Ils doivent toujours être reconnus et pas seulement moralement. La conciliation des contraires est toujours un exercice difficile.
Page 6 : la création d’un portail français des forges existantes dans le domaine de l’enseignement supérieur et de la recherche pourrait être l’un des futurs projets de PLUME.
Page 6 : Sur un marché où les acteurs sont nombreux, une phase de concentration est inéluctable pour que le marché devienne mature. D’autres marchés l’ont démontrés par le passé.
Page 8 : Le suivi des projets libres devient également une nécessité. Les “forks” sont courants. Il convient de disposer d’outils pour cartographier la vie d’un projet et identifier les implications que cela peut avoir notamment en matière de licences et des conséquences subséquentes.
Cédric Beucher
Responsable Valorisation IRIT
Tél : 05 61 55 63 04
Fax : 05 61 55 54 79
Courriel : beucher@irit.fr
Web : http://www.irit.fr